S'aimer!!!








Je n’ai pas appris à m’aimer.
Durant toute mon éducation en
milieu chrétien, on nous à
répété jusqu'à satiété qu’il
fallait aimer les autres.
Mais on ne nous apprenait pas
à nous aimer nous-mêmes.




J’ai passé mon enfance torturée
en moi-même, me haïssant à mort,
exaspéré de voir que je ne
pouvais attiré l’amour de mes
parents, et croyant que je ne
faisais rien de bon, puisque à
chaque action inapprouvée je me
faisais talocher ou blâmer, alors
que les bons coups passaient
inaperçus, comme volontairement
ignorés, peut-être même redoutés.




Je me souviens qu’en jouant
avec mon frère (nous étions
les deux derniers de cinq),
je me souviens que lorsque
s’élevait en moi une
puissante vague de bonheur,
je m’entendais dire
"C‘est pas permis,
c’est pas correct,
quelque chose ne va pas ".
J’en étais même venue à
me sentir de trop.




Chaque fois que je réussissais
en classe ma mère me rappelait
sévèrement, sans me féliciter
(je sentais qu’elle refoulait
sa joie)qu’il ne fallait pas
que cela me monte à la tête :
"attention à l’orgueil"
répétait-elle comme un gong
sinistre répercuté au travers
de mon adolescence.




Non je n’ai pas appris à m’aimer.




Je me faisais dire qu’il
fallait être sans défaut,
édifiante, exemplaire,
avoir un idéal être
parfaite sans faiblesse.




Et surtout qu’il ne fallait
pas pécher, mais être humble
et pure (cela voulait dire
sans pensées ou actions sexuelles)
et travailler jusqu'à l’usure
contre ses défauts qui nous
rendaient si détestables.




Je ne dis pas que tout
cela était mauvais.
Mais que la vision
d'ensemble était faussée.




Je me faisais répéter
l’acte d’humilité ou je
demandais à dieu :
"Apprenez-moi à me
mépriser moi-même".
La grandeur de la femme
ne faisait pas partie
de la vision du monde.




J'etais pécheresse,
point.
La vie devait être
souffrance corvée,
labeur sans joie.




J'etais vue à
travers ses manques,
non ses possibilités.
Croire que jétais
divine s’appelait orgueil
ou présomption.




Je passais ma vie à
vouloir bien faire
sachant d’avance que
j'étais vouée à ne jamais
réussir.




Que la vie fut une joie ,
un plaisir ,
une fête ne me montait pas
à la conscience.




Je me cachais pour
être heureuse.




Ne pas m’aimer,
c’est ne pas aimer
la divine présence
en moi.




Et s’habituer à se
voir négativement,
c’est inviter des
actes et évènements
négatifs.




Se haïr, c’est haïr
la vie et les autres.




L’amour de soi ce
n’est pas de l’égoïsme,
cette maladie du mental
émotif.




S’aimer veut dire ne
pas se juger,
ne pas s’en vouloir,
laisser être ce qui est,
s’accepter assez pour
n’avoir plus à chercher
admiration, confirmation,
approbation.




Cela veut dire que j’aime
ce que j’ai été dans
mon adolescence,
cet être peureuse qui ne
savait que faire pour
être aimée.




C’est parce que je ne
m’aime pas que je suis
égoïste :
Quand j'ai pas obtenu
d’être aimé comme il faut,
je cherchais à ramener les
autres vers moi, à les
soumettre, à m’en servir
comme appuis et béquilles.




Je suis égoïste dans la
mesure ou je n'ai pas
été satisfaite,
ou je n'ai pas assez aimé.
Mais comme personne ne
peut m'aimer autant
que je le voudrais,
je suis toujours insatisfaite.




Il n’y a que moi qui puisse
m’aimer assez pour n’avoir
plus a me reprocher ces
défauts détestables.
"Quel conne je suis "
"Comme j’ai été naïve",
"Ce que je suis bête"
"Je voudrais disparaître!"
"Je voudrais être comme
je l’avais rêvé à 15 ans".
J’aurais voulu être la
héros de la fête invincible,
inachetable, séduisante ,
la plus belle et la plus
talentueuse.




Mais cela n’a pas été .
Et j’en rêve toujours,
c’est que je ne m’accepte pas,
je ne m’aime pas.
Personne ne peut le faire
pour moi :
personne ne peut me
réveiller sauf moi.




L’amour commence par
soi-même.
On le disait du reste :
"Charité bien ordonnée
commence par soi-même " ;
après l’évangile :
"Aimez les autres
comme vous-même ".
Le modèle, la source,
le point de départ,
c’est l’amour de soi,
le respect absolu de
ce qui nous constitue,
l’admission de tout ce
qui nous constitue,
l’admission de tout
ce qui fait notre vie.
Le oui complet.




Se permettre d’être
comme on est.
Se donner la permission
d’être unique et différent.
Pas de culpabilité ,
pas de honte,
pas de masochisme,
pas de complaisance
dans la souffrance,
pas d’autopitié.
Tout cela c’est se haïr .
Cela c’est de l’egoisme :
Etre retourné sur soi.




S’aimer, c’est s’être
si bien accepté qu’on
a plus à s’en occuper.
Spontanément, on se
tourne vers les autres.


Bellezza xox..

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